Le 21 janvier 2025, la députée Christine Le Nabour (Ille-et-Vilaine, Ensemble pour la République) a déposé à l’Assemblée nationale la proposition de loi n° 819, qui vise à faire de la résidence alternée le principe par défaut en cas de désaccord parental, sauf décision motivée du juge.
À ce jour, la PPL 819 a recueilli 110 cosignatures transpartisanes — un record absolu. Elle a reçu le soutien public de Yaël Braun-Pivet, Gérald Darmanin et Agnès Canayer. Pourtant, plus de 18 mois après son dépôt, elle reste « en attente de programmation » à l’ordre du jour. Notre pétition citoyenne vise à débloquer son inscription en séance.
En France, en 2022, seulement 21 % des enfants concernés par une décision de justice après séparation vivent en résidence alternée. 72 % vivent chez leur mère, 7 % chez leur père (chiffres ministère de la Justice). Lorsque la résidence alternée n'est demandée que par un seul parent, le juge ne l'accorde que dans environ 25 % des cas. Chaque année, environ 12 000 enfants voient leur lien avec l'un de leurs parents — leur père dans la grande majorité des cas — réduit à quelques jours par mois.
Ce chiffre est une anomalie européenne. En Suède, environ 40 % des enfants de parents séparés vivent en résidence alternée, juridiquement présumée depuis 1998 (Bergström, Fransson 2018). En Belgique, la loi du 18 juillet 2006 oblige le juge à examiner prioritairement l'hébergement égalitaire à la demande d'un seul parent. La résidence alternée concerne aujourd'hui environ 30 à 40 % des familles séparées.
En Italie, depuis 2006, le juge doit motiver toute décision de garde monoparentale. La résidence alternée représente environ 40 % des modes de garde. En Espagne, 30 % des séparations. Plusieurs communautés autonomes (Aragon, Catalogne, Valence) l'ont inscrite comme principe par défaut. Au Québec, 20 % des divorces…